Archidiocese de Cotonou

Homélie à partir des textes du 16ème dimanche du temps ordinaire (A) (akasato)

 

Bien aimés de Dieu, la paix soit avec vous

Lorsque nous regardons autour de nous, les injustices, les déséquilibres des faits, l’incohérence et le désordre de tout genre font que nous sommes tentés de remettre en cause la toute-puissance et la grande bonté de Dieu.

 En effet, les humains que nous sommes, notre manière de voir diffère de celle de Dieu. Nous remarquons que Dieu est le seul qui accepte les bons et les méchants. L’Evangile dit qu’il fait lever son soleil sur les bons et les méchants, il fait tomber la pluie sur tout le monde sans faire de distinction. Pour les humains, c’est très difficile d’accepter cette cohabitation du bien et du mal. Voilà pourquoi les serviteurs du maitre vinrent lui poser la question « Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champs ? d’où vient-il donc qu’il y ait de l’ivraie ? » Effectivement, Dieu a créé bon. Quand il a fini sa création, il vit que « cela était très bon ». D’où vient alors le mal ? Comme Jésus le dit dans la parabole, c’est l’ennemi, c’est-à-dire le mauvais qui vient semer le désordre, le déséquilibre. Chers frères et sœurs, en méditant les textes liturgiques de ce dimanche, deux aspects de méditations attirent mon attention. C’est cela que je voudrais partager avec vous :

Le premier aspect, c’est cette grande patience de Dieu : C’est étonnant d’entendre le maitre dire  « Laissez- les pousser ensemble jusqu’à la moisson… ». Souvent dans notre vie ordinaire, on a tendance à éliminer, à écarter, à finir avec… car c’est très difficile de cohabiter avec le mal.

Dieu dans sa grande miséricorde a voulu donner la chance a tout le monde de bénéficier de sa grâce. Dieu nous surprend toujours avec son infinie miséricorde. Dieu nous accorde souvent le temps qu’il faut pour faire la différence entre le bien et le mal. Est-ce qu’un parent tuerait son enfant qui a en lui le germe du vol ou autre vice ? Non, il chercherait plutôt à l’aider pour qu’il abandonne ce vice et qu’il devienne quelqu’un de normal créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. C’est à cela que nous sommes appelés. Notre désir en ce jour est que le Seigneur vienne à notre secours pour nous libérer de l’intolérance, des conflits de religion, des jugements sévères et prématurés. Dans la 1ère lecture, le livre de la Sagesse nous enseigne ceci :« à tes fils, tu as donné une belle espérance : après la faute, tu accordes la conversion ». Accordons-nous du temps à nos frères pour qu’ils se remettent ?

Le 2ème aspect de méditation, c’est de faire grandir en nous l’esprit de Dieu : c’est l’esprit qui nous fait vivre. C’est lui qui « Vient au secours de notre faiblesse »nous dit Saint Paul dans la 2ème lecture. Alors, pour que le mal ne domine pas en nous, il faut renouveler cet esprit régulièrement. Et la meilleure manière de le faire, c’est de crier vers notre père, car nous ne savons pas prier… Si nous avons l’esprit de vie, nous serons donc comme le levain dans la société, c’est-à-dire des puissances cachées pour que le mal ne se développe pour envahir l’œuvre de Dieu. Une des stratégies qui peut nous aider à vivre avec le mal, c’est de développer le bien.

Ne pensons pas que nous sommes minoritaires, que nous ne pouvons rien faire. L’exemple de la graine de moutarde dans l’Evangile nous encourage. La graine de moutarde est la plus petite des graines. Mais « quand elle pousse, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre si bien que les oiseaux du ciel viennent et font leur nid dans ses branches ». Pour nous, c’est un stimulant pour être des authentiques chrétiens qui recherchent ce qui fait honneur au nom que nous portons et fait grandir l’amour de Dieu pour la construction du royaume des cieux. Comme le dit la parabole, les bons grains, ce sont les fils du royaume, l’ivraie, ce sont les fils du mauvais. Nous qui nous déclarons chrétiens ou qui portons le nom de chrétiens, nous sommes appelés à vivre dans ce monde avec les fils du mauvais sans être contaminés par eux. Nous devons être vigilants comme Jésus nous le rappelait le Dimanche passé. Demandons au Seigneur de renouveler notre cœur afin qu’il soit à l’image du sien ; ainsi nous pourrons vouloir et agir en transformant ce monde en un monde meilleur pour sa plus grande gloire.

Amen !

                                              Père Marius NOUGBODE