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ARCHIOCESE DE COTONOU

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Frères et sœurs,

Le temps liturgique où nous sommes est celui où le Christ Ressuscité continue d’introduire tous les croyants dans les profondeurs de son mystère. Après trois dimanches des portraits du Ressuscité (2e, 3e et 4e), voici trois dimanches (5e, 6e et 7e) des adieux, où le Christ Jésus donne à ses disciples ses ultimes recommandations avec chaque fois la même phrase au début de l’Evangile : « A l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père… ». En ce 5ème Dimanche du temps pascal, des principes de discernement nous sont offerts pour notre cheminement propre en chacune de nos vies à travers la péricope de saint Jean proposée à notre méditation (Jn 14, 1-12). Thomas a posé à Jésus la grande question, l’unique interrogation qui travaille toute l’humanité : « Nous ne savons pas où tu vas.» Quel est le but de la vie ? Le bonheur a-t-il un avenir ? Aucun homme ne peut vivre sans se donner des projets. Mais beaucoup se contentent d’objectifs à court terme : gagner de l’argent, élever une famille, progresser dans une profession ou une carrière, etc. Mais un jour ou l’autre, l’homme est appelé à se poser la question plus radicale, à long terme : « Où allons-nous ? Vers quelle fin ultime nous dirigeons-nous ? » Car, nous sommes tous des aveugles, des brebis blessées et égarées. Et rien d’autre que notre créateur, ne peut combler totalement notre soif de bonheur infini. Tel est notre point de départ, telle est notre situation lorsque le Christ qui est Chemin, Vérité et Vie vient nous chercher puisque beaucoup choisissent des chemins de perdition et vont vers leur malheur. Mais où nous conduit-il ?

Notre itinéraire commence dans ce monde où tous les hommes ont besoin du vrai Pasteur, le Messie attendu par Israël qui vient aussi pour les païens. Mais cet itinéraire a pour terme ultime la Trinité, la communion avec le Père dont nous entendons la voix par Jésus. La foi chrétienne affirme cette alliance. Car, l’Incarnation a opéré une véritable révolution. Désormais, Dieu a pris un visage humain en Jésus le Christ notre Seigneur et notre Dieu. Le Christ, le Fils de Dieu fait homme, est la Parole unique, parfaite et indépassable du Père. En Lui Il dit tout, et il n’y aura pas d’autre parole que celle-là. Car, le Christ qui a traversé notre société humaine, conduit l’histoire humaine vers son accomplissement. Désormais Dieu est accessible, le rideau du Temple est déchiré, nous pouvons emprunter la voie du Christ pour étancher notre « soif d’absolu ». Car, l’homme est fait pour la vie et non pour la mort. La mort du Christ sur la croix n'est pas l'affirmation de la victoire de la mort sur la vie, mais l'affirmation de la victoire de l'amour sur la mort. Puisque par le don que le Christ fait de sa vie sur la croix, il met fin à l'emprise de la mort et ouvre un chemin de vie pour tous ceux qui veulent bien se tourner vers lui et le suivre. Ainsi, pour aller au Père qui est vérité et vie, il faut passer par Jésus. C’est pourquoi, lors de la dernière cène, dans l’intimité du cercle des disciples, il nous a ouvert pleinement son cœur : il brûle d’amour pour son Père et pour ses amis, les hommes. Jésus révèle la vérité qui conduit à la vie et procure la vraie vie à celui qui accepte cette vérité dans la foi et la met en pratique.Il est donc le Bon Pasteur qui conduit l’Eglise dans le sein du Père. Cette Eglise en chemin, qui se construit peu à peu comme un édifice spirituel (1P 2), qui a besoin d’être structuré par les ministères des apôtres et des diacres (première lecture, Ac 6), aujourd’hui par le Pape, les évêques et les prêtres. Les Apôtres sont très investis dans l’annonce de la mort et la résurrection de Jésus, de tout ce qu’il a dit et de tout ce qu’il a fait. Jésus ne cesse de parler du Père. Oui, nous aussi, par Jésus, dans le baptême, nous sommes nés dans le cœur de ce Dieu-Père. Et à sa suite, nous retournons, nous aussi, vers le Père. C’est Lui le terme du voyage, c’est Lui le but final de notre vie.

Si Jésus est le Chemin, la Vérité et la Vie alors, le Royaume de son Père est pour ceux qui donnent à manger, un toit, un vêtement à qui en a besoin ; les doux, les justes, les pacifiques sont comptés parmi ses fils. Annoncer Jésus Christ est le cœur de la mission du chrétien. Mais, cette annonce est incomplète si elle ne s’accompagne pas du service de la charité, qui est une fonction spirituelle. La charité et la justice ne sont pas seulement des actions sociales, mais des actions spirituelles accomplies à la lumière de l’Esprit Saint. Choisir Jésus comme chemin, c’est se mettre dans la route de la vérité et de la vie. Celui qui passe par Jésus est déjà dans le Père.Ce message de Jésus n’est pas celui d’un propriétaire, mais celui d’un passeur qui conduit à la rencontre de Dieu. Loin de nous approprier la Vérité, nous la demandons au Christ en mettant nos pas dans les siens, surtout aux moments de la traversée de la souffrance et de la mort. Nous avons toujours à redécouvrir combien Dieu est solidaire de l'homme, de tous les hommes dans leur quête d'humanité.La foi chrétienne rassemble et annonce à tous que « Dieu est avec eux », présence dont chaque communauté, chaque église enracinée dans un quartier ou un village se veut le signe manifeste.


Le regard que nous tournons vers Dieu n'est pas fataliste ni porté par la crainte. C'est un regard d'espérance et de confiance : Celui qui a lancé l'homme dans l'existence ne peut la laisser s'achever dans la mort. Celui qui a voulu notre vie ne veut pas que nous puissions être perdus à jamais. Celui qui a fait Alliance avec l'humanité ne peut la renier et nous laisser tomber dans le néant. Car, d
ans notre foi chrétienne nous recevons la promesse du Christ : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père beaucoup peuvent trouver leur demeure, je pars vous préparer une place » (Jn 14, 1-2). Cette place préparée par Jésus, elle s’est construite petit à petit dans un chemin de vie qui est différent pour chacun. Pour le chrétien, le mystère de la vie éternelle, c’est le mystère d’une relation vivante avec Celui qui nous a donné la vie et qui nous attend comme un père et une mère attendent leurs enfants. Dieu notre Père attend ses enfants auprès de Lui. Dieu nous fait confiance, à un point tel qu’il ose nous appeler ses enfants bien-aimés. Rappelons-nous qu’aux yeux du Seigneur, nous ne sommes pas n’importe qui. Nous sommes des baptisés, revêtus d’une dignité inestimable. Alors l'effroi, le chagrin, l'incompréhension, et le scandale qui peuvent nous saisir devant toute situation, doivent se transformer en une question : que faisons-nous de notre vie ? Car si le Christ est vraiment le chemin, la vérité et la vie qu'il prétend être, nous ne pouvons partager cette vie qu'en vivant ce chemin qu'il nous indique par les enseignements de l'Evangile. Nous ne pourrons pas affronter sereinement les aléas de la vie comme la mort, si au long de notre quotidien nous n'essayons pas nous aussi de nous mettre quelque peu au service de nos frères par amour. Vous le savez, ce service prend des formes très différentes selon l'histoire et la vocation de chacun. Soyons ouverts aux besoins de nos semblables. Soyons comme Marie à Cana. Prions le Seigneur pour qu'il éclaire nos cœurs et nos libertés pour que nous aussi, chacun dans le chemin qui est le sien, nous soyons capables d'entendre les appels qui nous sont adressés et d'y répondre en nous mettant au service de nos semblables. Amen.

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