Upcoming event
00
days
00
hours
00
mins
00
secs
  • on 29 mai 2015

Propositions par rapport au thème : FOI ET POLITIQUE

Depuis la célébration de la première partie du synode de l’archidiocèse de Cotonou il y a 40 ans, l’Eglise famille de Dieu qui est à Cotonou est toujours confrontée aux problèmes de la qualité de la rencontre entre la foi proclamée et la vie de chaque jour dans toutes ses dimensions. Nous voulons ici faire l’état des lieux en ce qui concerne la relation de l’être chrétien en rapport avec le Christ et ses implications dans la sphère temporelle publique (politique). Malheureusement la réalité de la politique reste caractérisée chez nous par une absence d’éthique qui engendre une crise de confiance entre peuple et ses acteurs politiques. L’exercice politique s’est tellement dénaturé chez nous que la conscience collective en vient à considérer la Res Publica comme un monstre à fuir pour vivre la cohérence de sa foi chrétienne.

Le drame de la déliquescence dans le milieu politique, outre sa régionalisation, s’est adoubée de méthodes propagandistes, preuves de la faillite de la parole du politique. Tout ceci aggravé par une corruption généralisée sinon professionnalisée accentue le taux de chômage surtout au niveau de la jeunesse. Aussi l’église du Christ à Cotonou en assemblée synodale vient lancer un appel à tous pour un éveil de la conscience civique. Elle veut encourager les laïcs chrétiens engagés dans la politique comme tous les autres qui s’en méfient à retrouver la force de l’engagement chrétien dans la gestion publique. Aussi l’Eglise catholique au Bénin souhaite-t-elle s’adresser aux siens en ces termes

I – A L’ENDROIT DU PEUPLE DE DIEU

1- Définir le domaine politique

C’est à partir de la fidélité à leur double identité (appartenance au Christ et appartenance à la cité) que les chrétiens devront s’éveiller à la conscience de la politique comme vaste domaine de l’attention aux autres. A partir de cette compréhension, chaque baptisé doit avoir conscience que la politique n’est pas une réalité mauvaise en soi ;

– elle est le lieu d’exercice le plus éminent de la charité mue par la passion du service.

– La politique est le champ de l’engagement spirituel et existentiel pour que les valeurs essentiellement chrétiennes s’incarnent dans la cité.

– Elle est également le lieu du débat autour du meilleur projet de société à offrir aux membres de la communauté politique dont les suffrages sont sollicités.

2- Réaffirmer l’Esperance chrétienne par rapport à la théorie « La politique est mauvaise, dangereuse, voire diabolique » :

L’Eglise de Cotonou répond dans la fidélité à la longue tradition de l’Eglise universelle que la politique est :

– le service du Bien commun qui conduit au développement, l’autre nom de la paix pour rappeler l’heureuse expression du Bienheureux pape Paul VI.

– Le lieu où la foi engage le chrétien à transformer la cité terrestre pour lui donner le visage du christ en préparant ainsi l’avènement du royaume.

– lieu de sanctification du chrétien parmi tant d’autres.

– Une telle œuvre ne pourrait se passer de l’union sacrée, de la solidarité des chrétiens avec les acteurs chrétiens en politiques.

3- Déterminer le cadre et les clauses à suivre

Les présupposés et les conditions de l’entrée en politique des chrétiens est à rechercher au niveau de leur quête à atteindre la stature du Christ et de l’impératif missionnaire caractérise l’Eglise en ses membres et qui s’entend comme transformation de l’ordre temporel. Ainsi le chrétien politique doit

– Adhérer aux valeurs fondamentales chrétiennes du bien et du vrai en tant qu’atouts qui conditionnent son approche de la politique.

– Se convaincre lui-même que la nécessité de recourir à l’éclairage de la Parole de Dieu en toute décision politique est un présupposé de son engagement. Car la Parole de Dieu donne naissance à la parole du bien et du bien-être dont la politique est en charge.

– Eviter tout utopisme dans l’arène politique, sans oublier que le réalisme du chrétien ne devra point signifier compromissions et complicité avec le mal. 

II – A L’ENDROIT DES FIDELES LAÏCS

Le projet de restauration de l’image et de la pratique de la politique chez nous grâce à l’engagement du chrétien suppose en amont comme aval, la nécessité d’une formation adéquate des fidèles du Christ, chacun à son rang et conformément à son niveau d’engagement. Pour assumer cet appel et cet effort de transformation de la cité grâce à l’action politique, est indispensable :

– Une formation du chrétien à la conscience de son identité chrétienne et citoyenne, à la conscience civique, à la veille citoyenne, à l’action publique préparée par l’observation et la réflexion.

– l’assimilation du triplet méthodologique de l’action catholique voir – juger – agir par chaque fidèle chrétien.

– la traduction de l’Evangile en actions concrètes citoyennes.

– La prise en compte des motivations sur lesquelles doit reposer l’engagement partisan du Chrétien dans la politique. Car c’est motivé par la passion du service et convaincu qu’il est envoyé dans le monde sans être du monde que le chrétien devra s’engager.

III- A L’ENDROIT DU CLERGE

Pour être en mesure de ramer à contre-courant, les chrétiens pourront compter sur le soutien et la communion priante de leurs frères ainsi que l’accompagnent du clergé qui devra être formé conséquemment.

– Eviter l’ambiguïté dans le rapport religion et politique où l’on constate une instrumentalisation de la religion au profit d’intérêts partisans inavoués.

– Le phénomène des messes demandées par des acteurs politiques à des fins politiques inavouées rend compte de l’existence de cette menace de l’instrumentalisation au sein de l’Eglise elle-même.

  VI – En direction de l’évêque

– Dès le catéchuménat, on devra insister sur l’engagement envers le prochain, car la question de Dieu « Qu’as-tu fait de ton frère ? Où est ton frère ? » à Caïn est toujours d’actualité.

– La catéchèse insistera sur le statut civil du chrétien.

– La formation des chrétiens, citoyens et intégrés à la nation, pénétrés de la vision chrétienne et des finalités de la politique, positivera leur militantisme dans les partis et leur veille citoyenne provoquera la transformation souhaitée.

– Cet objectif sera favorisé par une coordination des structures existantes tels le Mouvement des Cadres et Personnalités Politiques (MCPP), l’Institut des Artisans de Justice et de Paix (IAJP), l’Institut Pontifical Jean-Paul II, le Centre Notre-Dame de l’Inculturation ; le Centre de Recherche et d’Etudes (CREC) des Pères Jésuites.

– la vulgarisation de la doctrine sociale de l’Eglise et la mise en place d’un lobbying qui sache œuvrer pour que les politiciens ne construisent pas, au moyen de lois et de pratiques illégitimes, notre vivre ensemble dans la cité contre Dieu.

{jcomments on}

Leave your comment

Please enter your name.
Please enter comment.