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  • on 29 mai 2015

Propositions par rapport au thème : FOI ET CULTURE

L’Eglise-Famille de Dieu qui est à Cotonou, réunie en assemblée synodale, s’est penchée sur les grandes préoccupations de ses filles et fils qui vivent des situations d’écartèlement entre leur foi chrétienne et les pratiques traditionnelles de la culture africaine.

S’appuyant sur les travaux de la 1re Session du Synode présidée par Mgr Christophe Adimou (1975) et sur les recommandations du mini-synode de 1993 dont Mgr Isidore de Souza a pris l’initiative, l’Eglise-Famille de Dieu à Cotonou a pris conscience de l’urgence de la situation que vivent de nombreux fidèles du Christ et s’engage dans les plus brefs délais à s’investir dans une recherche approfondie pour accompagner les fidèles dans les différentes étapes de leur existence : depuis la conception de la personne jusqu’à sa mort.

En attendant que les aménagements rituels soient faits sur la base des recherches effectuées dans toutes les sphères de la culture, l’Eglise-Famille de Dieu à Cotonou adresse à tous ses membres un message de réconfort dans la foi, d’encouragement dans l’espérance et d’affermissement de la charité. Elle les exhorte à garder l’unité de l’esprit par le lien de la foi, et à maintenir intacte l’identité chrétienne qui est la leur dans les situations socioculturelles toujours plus complexes de notre temps.

EN DIRECTION DE TOUT LE PEUPLE DE DIEU

Chaque baptisé doit reprendre conscience que :

– Dieu l’aime personnellement

– Dieu l’a créé par amour

– Pour lui, le Père a envoyé son Fils dans le monde

– Pour lui et pour son salut, le Fils est mort sur la Croix

– Pour lui et pour le réintroduire dans la vie de Dieu, le Fils est ressuscité des morts

– Pour lui et pour sa sanctification, le Père et le Fils ont envoyé l’Esprit-Saint comme Consolateur et Paraclet

– Pour lui et pour qu’il vive en être de communion, le Père, le Fils et l’Esprit-Saint ont fondé l’Eglise qui le porte dans son pèlerinage terrestre jusqu’à son union parfaite en Dieu.

Fort de cette Foi, chaque baptisé est invité à :

1-Distinguer Foi et croyance

On entend souvent dire dans notre pays : « c’est le même Dieu que nous adorons ».

L’Eglise-Famille de Dieu à Cotonou répond :

– « Tu nous as faits pour toi Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en Toi » (St Augustin)        

Parce que créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, tous les hommes recherchent l’Unique Dieu. Mais parce que déchus de la Grâce du fait du péché, tous les hommes n’adorent pas le même Dieu.

– « On doit […] tenir fermement la distinction entre la foi théologale et la croyance dans les autres religions. Alors que la foi est l’accueil dans la grâce de la vérité révélée, qui ‘permet de pénétrer le mystère, dont elle favorise une compréhension cohérente’ (Fides et Ratio, 13), la croyance dans les autres religions est cet ensemble d’expériences et de réflexions, trésors humains de sagesse et de religiosité, que l’homme dans sa recherche de la vérité a pensé et vécu, pour ses relations avec le Divin et l’Absolu (Fides et Ratio, 31-32) » (Dominus
Iesus
, 7)

2-Affirmer le primat du 1er commandement de Dieu sur le 4e 

On entend souvent dire dans notre pays : « nous devons perpétuer nos traditions parce que c’est l’affaire de nos aïeux ».

L’Eglise-Famille de Dieu à Cotonou répond :

– « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. » (cf. Mc 12,29-30)

– Le Dieu qui a dit « honore ton père et ta mère » est le même qui a dit « celui qui préfère son père et sa mère à moi n’est pas digne de moi ».

3- S’opposer fermement au syncrétisme

Les chrétiens peuvent-ils participer à n’importe quel culte ?

L’Eglise-Famille de Dieu à Cotonou répond :

– Lex orandi, lex credendi : ce que l’on célèbre révèle ce que l’on croit. Un baptisé ne peut participer au culte d’une autre religion, ne peut y donner son assentiment. La participation doit être entendue ici au sens liturgique du terme : parole d’adhésion formelle et  geste exprimant une intentionnalité précise d’adoration.

Un officiel chrétien peut-il, s’il est invité « ex officio », être présent  à des festivités d’autres religions ?

L’Eglise-Famille de Dieu à Cotonou répond :

– Oui, en théorie, parce qu’il n’y est pas allé pour poser un acte liturgique. Mais au regard de l’enseignement de 1 Cor 8, il vaudrait mieux qu’il s’en abstienne, à moins qu’il soit explicitement en mission de dialogue interreligieux et ait le courage de délivrer un message marquant sa différence religieuse.

Peut-on accepter pour un chrétien un rite païen ?

L’Eglise-Famille de Dieu à Cotonou répond :

– Les païens eux-mêmes disent que l’on ne peut faire le rite d’un adepte de Sakpata à un adepte de Xêbioso. Pourquoi alors ferait-on un autre rite à un chrétien ?

4-Réfuter fermement la distinction sorcellerie blanche sorcellerie noire

On entend souvent dire dans notre pays : « il y a une sorcellerie blanche bienfaisante et une sorcellerie noire malfaisante »

L’Eglise-Famille de Dieu à Cotonou répond :

– Toute sorcellerie est mauvaise

– Dieu a en abomination tout ce qui est utilisation des forces de la nature à des fins autres que celles prévues par Dieu.

5-Discerner les formes de pharmacopée

On entend souvent dire dans notre pays : « c’est seulement la vertu des plantes ».

L’Eglise-Famille de Dieu à Cotonou répond :

– L’Eglise encourage la pharmacopée conduite sur des bases claires et transparentes conformes à la Foi et à la Raison

– L’Eglise dénonce comme contraire à la foi catholique toute pratique pharmacologique qui recourt à des paroles incantatoires ou qui est entourée d’un symbolisme douteux : si, comme l’enseigne St Thomas d’Aquin, il peut y avoir des raisons botaniques de cueillir une feuille à une heure déterminée du jour et de la nuit, il n’y a aucune raison conforme à la foi que cette feuille soit cueillie en tenue d’Adam ou qu’elle fasse l’objet d’une vénération préalable de la part du pharmacologue.

A L’ENDROIT DES FIDELES LAÏCS :

L’Eglise-Famille de Dieu à Cotonou affirme comme contraires à la foi catholique :

– Toutes pratiques de sorcellerie, de recours à des forces occultes (bo, glo, yolo, fla, etc.), toutes pratiques divinatoires (Fa, vision, horoscope, astrologie et d’autres formes de mantique) et toute offrande de sacrifice ou de consécration (à des divinités, des entités, des ancêtres divinisés), car ce sont des actes d’idolâtrie.

– Toute initiation ésotérique qu’elle soit traditionnelle (oro, kuvito, zangbeto, tron, etc.) ou moderne (franc-maçonnerie, rose-croix, eckankar, mahikari, fraternité blanche universelle, etc.).

L’Eglise-Famille de Dieu à Cotonou invite à la prudence tout fidèle sollicité pour des rites traditionnels, même ceux dits « d’intégration sociale » parce qu’ils comportent des dimensions religieuses qui ont besoin du discernement préalable de l’Eglise. En attendant que celle-ci propose des rites inculturés, et en dehors du discernement éclairé des pasteurs, il n’est recommandé à aucun fidèle de se soumettre :

– aux rites de passage dans leur forme traditionnelle (sortie d’enfant, rite des jumeaux, réconciliation, mariage, funérailles, etc.) ; même les éléments symboliques qui entrent dans la dot traditionnelle doivent être soumis à un nouvel examen ;

– aux rites d’intronisation dans leur forme traditionnelle, car en effet, il faut bien garder présent à l’esprit que celui qui devient chef dans sa famille devient aussi ordinairement chef des vodun familiaux.

A L’ENDROIT DES CURES :

L’Eglise-Famille de Dieu à Cotonou recommande ce qui suit :

– Un effort pastoral doit être fait pour ne pas confirmer les fidèles du Christ dans des formes de mentalité fétichistes, superstitieuses, fatalistes (destin), sorcelleresques.

– Ils veilleront à ne pas entretenir la peur chez les fidèles ; leur pastorale doit être vraiment de libération.

– Ils auront à cœur de remettre le mystère de la Croix au centre de leur agir pastoral. Le sacerdoce baptismal invite tout fidèle à s’offrir au Christ : « Je vous exhorte donc, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte » (Rm 12,1).

– Ils devront faire découvrir aux fidèles la beauté du témoignage chrétien et l’exemple des martyrs et des saints confesseurs.

– Tout prêtre doit soumettre au discernement pastoral de l’Evêque toute initiative d’inculturation en matière de liturgie.

– Chacun doit avoir la simplicité de consulter en ces matières qui a des incidences sur la foi les confrères qui ont des compétences dans les différents domaines du savoir théologique ou profane.

– Les Curés doivent mettre sur pied dans chaque paroisse ou dans chaque doyenné une équipe de chrétiens éprouvés et solidement enracinés en Jésus-Christ pour les aider dans le discernement spirituel de la culture. Cette équipe accompagnera aussi tout fidèle qui le désire dans ses relations avec la grande famille et avec le monde culturel traditionnel. Dans les moments de joie comme dans les moments d’épreuve, aucun fidèle ne doit se sentir abandonné, livré à lui-même. Il doit sentir la force de la communion ecclésiale.

 

PROPOSITION FINALE :

Les Fidèles du Christ réunis en Synode autour de leur Père Evêque expriment le vœu de voir instituer dans le Diocèse deux nouvelles commissions :

– une commission d’inculturation qui travaillera avec la commission de catéchèse et de liturgie et les divers centres de recherche du Diocèse (elle capitalisera tous les travaux de recherche menés dans le pays depuis le temps des Missionnaires),

– une commission chargée des phénomènes mystiques et des phénomènes paranormaux (commission composée de théologiens, de philosophes, d’exorcistes, de sages, de médecins, de psychiatres).

Ces deux commissions aideront l’Eglise-Famille de Dieu à Cotonou à prévenir certaines déviations de la foi et à colmater le hiatus entre foi et culture.

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