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  • on 6 mars 2015

La vie consacrée aujourd’hui au Bénin : situation, défis, interpellations… (6)

6. Les exigences de la naissance d’un institut.

Nous n’allons pas traiter ici les exigences canoniques, mais aborder simplement celles qui sont d’ordre spirituel et humain.

Si la possibilité est laissé à tout chrétien de décider de vivre dans le célibat pour le Royaume et à un groupe de fidèles de s’associer pour des fins spirituelles, une telle possibilité n’est pas suffisante pour qu’il y ait un institut de vie consacrée.

Y a-t-il une mission claire qui justifie une telle naissance ? Toute nouvelle fondation, pour autant qu’elle soit authentique, constitue une réponse du Ciel aux questions de la terre et donc est enracinée dans une mission précise qui appartient à la mission de l’Eglise même si celle-ci, dans sa hiérarchie, n’est pas encore au clair sur les contours que l’Esprit Saint veut donner à cette part de sa mission.

La deuxième question à se poser est de savoir quelle expérience charismatique porte ce désir de fondation. Une fondation religieuse ne se décrète pas d’abord. Elle est reçue et vécue, et seulement ensuite codifiée. Dans l’histoire de l’Eglise, toutes les fondations où le juridique a précédé la vie, ont eu besoin d’une refondation charismatique pour tenir dans la mission perçue.

Une troisième exigence et pas des moindres est celle de la formation de ceux à qui ces expériences en fondation sont proposées. Les fondateurs doivent être au clair avec les premiers membres. Ceux-ci doivent savoir qu’ils sont engagés dans une aventure de foi qui peut ne pas aboutir. Ils seront ainsi appelés, chacun pour sa part, à jouer leur liberté à la première personne du singulier. La formation qui leur sera proposée devra être à la hauteur de l’engagement de vie qu’ils veulent faire. Les prières et actions de dévotion ici ne sauraient tenir lieu de formation religieuse. Celle-ci doit être à la fois humainement solide, spirituelle, intellectuelle et missionnaire. Elle doit reposer sur une bonne théologie des conseils évangéliques et de la vie communautaire, et se donner comme une initiation de vie. Les fondateurs doivent pour ce faire veiller à la qualité des formateurs sollicités. On ne saurait bricoler une œuvre de fondation qui est une mise de fonds pour des générations.

Une quatrième exigence à ne pas négliger, même si l’expérience évangélique d’abandon à la Providence est toujours requise pour une fondation religieuse, est le minimum matériel pour la mission. Cela suppose que l’expérience de fondation soit portée par un milieu ecclésial qui ait véritablement le souci de l’auto-prise en charge et qui participe généreusement à la vie matérielle de ces consacrés. Mais ce sont les instituts en fondation qui doivent travailler selon leur charisme à se prendre en charge eux-mêmes sans pour autant devenir de grosses entreprises toutes polarisées par la recherche de l’argent. Cette question n’est-elle pas d’une importance capitale, surtout pour les instituts féminins ? Si l’auto-prise en charge n’est pas assurée, les conséquences sur la vie morale sont souvent désastreuses. Toutefois, les instituts se doivent-ils de veiller à lever l’ambiguïté de la vocation « promotion sociale ».

 

Rd Père Edouard ADE

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