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  • on 6 mars 2015

La vie consacrée aujourd’hui au Bénin : situation, défis, interpellations… (5)

5. Le contexte ecclésial d’essai de fondation de nouveaux instituts au Bénin.

L’Eglise au Bénin est jeune. Elle n’a qu’un siècle et demi d’existence. Temps des semences, c’est aussi le temps d’épreuve pour un enracinement conséquent de la vie chrétienne au Bénin. Un tel enracinement ne saurait faire l’économie du martyre, comme ce fut le cas ailleurs et,

surtout de façon prototypique, dans l’Eglise primitive. Les premiers missionnaires sont morts en portant l’Evangile au Bénin. Des premiers chrétiens béninois, beaucoup sont déjà morts pour leur foi et beaucoup continuent de mourir aujourd’hui encore pour témoigner de Jésus-Christ. Ce sont de belles semences de foi et de don de soi. Ces semences germent forcément en sainteté et en désir de sainteté. S’il est vrai que dans notre jeune Eglise il y a beaucoup de phénomènes périphériques qui trahissent un manque de profondeur spirituelle, il y a cependant, sans aucun doute, un vent de sainteté qui souffle sur l’Eglise au Bénin. L’héroïcité de certaines formes de vie et d’engagement l’indique clairement. Les écoles de foi et de prière où des jeunes assoiffés d’absolu et de vie contemplative se forment par centaines chaque année, les milieux charismatiques où beaucoup de chrétiens font l’expérience d’une foi à déplacer les montagnes, les mouvements de dévotion et d’ascèse, les formes d’engagement dans l’évangélisation de la culture traditionnelle au prix de sa vie, etc. créent un certain climat de recherche d’une vie chrétienne plus authentique et donc forcément plus sainte. Le fait que dans le prolongement de ces expériences, des chrétiens sentent le désir d’une radicalité de vie dans le sens des conseils évangéliques est une chose tout à fait normale. Cela indique la vitalité de la mission aujourd’hui au Bénin et ne doit donc pas troubler la hiérarchie de l’Eglise locale. Toute l’histoire de l’Eglise est ponctuée de ces moments d’effervescences charismatiques où l’Esprit-Saint réserve toujours des surprises à son Eglise, quand l’institution commence à devenir pesante. Cela ne doit pas non plus inquiéter les instituts déjà établis. Les charismes nouveaux ne rendent pas caducs leurs charismes. Ils les provoquent au contraire à une revitalisation. On se souvient de l’effet que les ordres mendiants ont eu sur le monachisme traditionnel, qui a dû se réformer pour rester fidèle à l’esprit de St Benoît, et de ce que les compagnons de Jésus ont été pour la machine dominicaine déjà solidement installée. Qu’on pense enfin, malgré quelques difficultés, à ce que les communautés nouvelles représentent aujourd’hui en Europe pour les ordres anciens. Toutes ces choses nous touchent de près et de façon plus incisive du fait de la jeunesse de notre Eglise.

La frilosité doit donc faire place à l’audace prophétique et au sens de la responsabilité en Eglise pour ne pas mépriser les dons de l’Esprit. Cela passe par un discernement audacieux, c’est-à-dire rigoureux et accueillant tout à la fois. Les expériences nouvelles doivent être accompagnées avec prudence et bienveillance. Cela suppose que nous cherchions à mieux les connaître et à ne pas en parler par ouï-dire. Les Conférences des Supérieurs Majeurs  pourraient par exemple tenir une documentation sur elles et se tenir informées de leur évolution dans le temps. Deux principes énoncés par le Seigneur doivent nous guider en la matière :

         Aux fruits, on juge l’arbre. Doit-on couper un arbre avant qu’il ait donné ses fruits ? On émonde la vigne parce qu’elle a déjà donné de beaux raisins ou parce qu’on sait qu’elle va en donner.

         N’arrachez pas l’ivraie avant le temps. La hâte est dommageable au bon grain lui-même.

Une initiative de réflexion comme celle-ci va dans le sens d’un discernement éclairé dont l’Eglise au Bénin pourra beaucoup profiter.

Si l’on fait le point sur les essais de constitution de pieuses unions au Bénin, de 1968 à 2014, on n’en dénombre pas une dizaine. Or de 1999 à 2014, il y a eu 35 nouveaux instituts féminins qui se sont implantés au Bénin et d’autres sont en attente d’implantation. Cela veut dire qu’il y a une attente sérieuse de l’Eglise locale à ce niveau. Et ce ne sont pas les vocations qui manquent !

Mais suffit-il qu’une Eglise désire avoir des communautés religieuses et qu’il ait beaucoup de jeunes qui désirent se consacrer au Seigneur pour que de nouveaux instituts naissent ?

 

Rd Père Edouard ADE

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