Homélie sur le Saint Sacrement (smichel)

 

Eucharistie1Chrétiens mes frères et sœurs,

L’humanité est le sommet de toute l’action créatrice. Et depuis que l’homme vit de la création dont il fait partie, il vit de Dieu lui-même. Car, cet univers fondé et habité par le Verbe culmine dans l’homme et le Christ qui est tout en tous.

Dieu l’avait désigné d’avance et il l’a manifesté à la fin des temps à cause de nous. Cette présence universelle et génératrice est présence réelle, tangible à travers tout ce qui existe et chemine avec nous et en nous, vers l’humanité accomplie. C’est ce que l’Eucharistie révèle en nous introduisant dans le Royaume de l’Amour. Puisque c’est bien par Jésus le Christ que nous croyons en Dieu, qui l’a ressuscité d’entre les morts et qui lui a donné la gloire. En Jésus, c’est Dieu qui est présent pour nous combler de son amour. Par lui, avec lui et en lui, nous mettons notre foi et notre espérance en Dieu. C’est pour cette raison que la fête du Saint Sacrement, doit être pour nous une         « école d’action de grâce ».

Nous connaissons le chant : « Tout vient de toi ô Père très bon. Nous t’offrons les merveilles de ton amour. » Il est important que nous apprenions à relire notre vie pour y reconnaître ce que Dieu a remis entre nos mains. A travers les événements, petits ou grands, douloureux ou joyeux au cours de notre vie, c’est Dieu qui est là. Nous n’aurons jamais fini de lui rendre grâce.

La fête du Corps et du Sang du Christ qu’on appelait avant la Fête-Dieu, est un autre moment où notre regard se porte principalement vers le soir du Jeudi Saint : « Il prit du pain, puis ayant rendu grâce, il dit : Ceci est mon Corps livré pour vous ». Ce geste manifeste la générosité du cœur de Jésus. Il a su saisir les circonstances les plus douloureuses pour aller jusqu’au bout de l’amour. C’est la mémoire vivante de cette présence amoureuse de Dieu le Père à nos côtés qui transfigure notre regard, éclaire notre intelligence, et embrase notre cœur. C’est un jour solennel pour dire l’amour que nous avons pour le Christ, la reconnaissance qui monte en nous vers Dieu le Père pour nous avoir donné Jésus son Fils et l’Esprit Saint qui nous donne de le reconnaître.

En effet dans la tradition théologique chrétienne, l’expression « Corps du Christ » a trois sens différents mais liés.

       Le Corps historique et glorieux de Jésus ;

       Le Corps qu’est l’Eglise, corps mystérieux, mystique, sacramentel que sont les disciples de Jésus. Cf. « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait » Ou bien la réponse de Jésus à Saul : « C’est moi que tu persécutes ».

       
Enfin, le Corps eucharistique, « le pain de la Vie » est devenu vers le XI° s.    « corps mystique » à la place de l’Eglise. L’Église fait l’Eucharistie et l’Eucharistie fait l’Eglise. Et quand le prêtre présente l’hostie pour la communion, il dit : « le Corps du Christ ». Ce sont ces trois sens différents mais liés que le communiant reconnaît en disant : « Amen ! ».

Dieu nous a fait renaître, non pas d’une semence périssable, mais d’une semence impérissable : sa parole vivante qui demeure pour nous mettre au service de l’amour. Nourris du Pain du ciel et abreuvés de la coupe du salut, nous sommes appelés à devenir à notre tour pain livré pour la vie du monde en nous dépensant sans compter au service de nos frères. Car, la multiplication des pains, c’est aussi le règne de Dieu en actes. Nourrir ceux qui ont faim, c’est faire naître le règne de Dieu. Apprenons à devenir compagnons de celui qui est miséricorde, qui invite à multiplier les signes de vie, les signes de pardon dépassant le don du pain, qui fait entrer dans la démesure du cœur de Dieu. Car le chemin de la miséricorde porte déjà les traits du « Faites ceci en mémoire de moi » pour le salut du monde. Qui entendra cet appel ? Qui sera serviteur de la miséricorde ? Avec la grâce de Dieu et ta réponse libre et joyeuse : pourquoi pas toi ? Puisque, dans l’Église comme dans la société, l’un des mots-clés
devrait être « solidarité », c’est-à-dire «savoir mettre à disposition de Dieu ce que nous avons, nos humbles capacités, car c’est seulement dans le partage, dans le don, que notre vie sera féconde».

Jésus ne se passe pas de nous, disciples laïcs, diacres ou prêtres. Il nous associe à son œuvre de salut. Prions pour que la participation à l’Eucharistie nous provoque toujours : à suivre le Seigneur chaque jour, à être instruments de communion, pour très concrètement multiplier les richesses du monde et les partager à tous les hommes. Alors notre existence sera vraiment féconde. Puisse l’Eucharistie façonner notre vie, la vie des familles qui se forment. Qu’elle oriente tous nos choix de vie. Que l’Eucharistie, présence vivante et réelle de l’amour trinitaire de Dieu, nous inspire des idéaux de solidarité et nous fasse vivre en communion avec nos frères disséminés en tous lieux de la planète. Amen.

 

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