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  • on 29 mai 2015

2E SESSION DU SYNODE DIOCESAIN : Un tournant décisif pour l'Eglise-Famille de Cotonou

Un tournant décisif pour l’Eglise-Famille de Cotonou

 

Trois cents. C’est environ le nombre des participants à la quatrième sous-session de la deuxième session du synode de Cotonou. L’assemblée synodale est célébrée au collège Père Aupiais de Cotonou du 14 au 18 avril 2015 en présence de l’ordinaire du lieu, Mgr Antoine GANYE. Autour de lui, un nombre impressionnant de fidèles du Christ composés de laïcs, de religieux et de prêtres ont réfléchi sur la vie de foi dans le diocèse.

Relancer la marche de l’Eglise-Famille

Les débats, ouverts et riches d’expériences, ont permis la relance de la marche de l’Eglise-Famille de Dieu grâce aux solutions concrètes apportées aux problèmes et difficultés que rencontrent les baptisés dans leur vie de disciples du Christ. Ainsi à travers ce synode, les agents pastoraux ont porté à leur achèvement l’œuvre entamée par les anciens. En effet, ouvert en 1975 sous la direction de Mgr Christophe ADIMOU, cette deuxième session a offert l’opportunité d’aborder plusieurs thèmes regroupés autour de six axes. Il s’agit essentiellement de la vie de foi en rapport avec la doctrine de l’Eglise, la vie en société, la politique, la famille, l’éducation et la culture. Six commissions sont constituées en lien avec ces volets susmentionnés en vue de faciliter le travail de réflexion collective. Certains témoins de la session de 1975 sont revenus pour déposer au pied de l’autel du savoir les fruits de leur analyse et partager leur vision du témoignage chrétien. Il s’agit surtout de Jean PLIYA, Robert Antoine DETCHENOU, Agnès ADJAHO, Père François de Medeiros, etc.

Au cours de cette ultime étape du synode, le Père Victor SOGNI a servi de modérateur durant toutes les rencontres. Chacune d’elles s’est déroulée sous la mouvance du Saint-Esprit qui est régulièrement invoqué au début de chaque journée. Celle-ci est divisée en deux parties dont le point culminant est toujours l’Eucharistie célébrée à la mi-journée suivie des agapes fraternelles. Mais chaque soir avant de rentrer, les participants, d’une même voix, rendent toujours grâce au Très-Haut à travers la prière des vêpres. 

« Ce que je demande, c’est l’amour de notre Eglise, l’amour de notre diocèse afin que le travail que l’Esprit-Saint nous confie-là, maintenant, nous puissions nous y atteler et le réaliser vraiment de tout cœur, de tout notre esprit, de toutes nos forces, de toute notre conviction d’homme, de toute notre foi ». Ainsi s’est exprimé Mgr GANYE le mardi 14 avril à l’entame des travaux, dans son allocution d’ouverture. C’est aussi l’occasion pour lui de remercier tous les membres du secrétariat ayant à leur tête l’Abbé Crépin Magloire ACAPOVI.

Reformer la catéchèse

Les dés étant ainsi jetés, le Père Julien ZOSSOU, représentant la «commission foi et doctrine», a attiré l’attention de l’assemblée sur trois pôles d’intérêt à savoir la redécouverte de l’identité chrétienne, la connaissance du Christ et de sa mission et enfin celle de l’Eglise et de sa mission. Face aux tares qu’on rencontre chez les chrétiens en matière de foi, les pères et délégués synodaux ont suggéré la réforme de la catéchèse, l’organisation des écoles de foi et de prière, l’instauration d’une année consacrée à l’annonce du kérygme en vue de faciliter la rencontre avec le Christ. Le Père Donatien Amégée a surtout insisté sur la nécessité de rénover les manuels de catéchisme en les ajustant sur Le Catéchisme de l’Eglise atholique. D’aucuns ont aussi souhaité que l’on se concentre davantage sur la relation personnelle du chrétien avec le Christ dans l’Eglise et non en dehors d’elle. Si pour le Père Jean-Marie HOUEZO et Mme Collette HOUETO, il urge d’accorder un temps pour l’écoute des catéchumènes, pour la Sœur Marie-Antoinette LUGUDOR, il faut éviter de jouer au sentiment quand il s’agit d’admettre les catéchumènes aux sacrements.  Sur le premier point, l’archevêque renchérit en soulignant qu’il est nécessaire que le néophyte rencontre un cœur aimant qui l’attend, l’accueille et l’accompagne à travers les passages sélectionnés de la Bible. De son côté, tout en insistant sur les six points du kérygme : «Jésus est Sauveur, Seigneur, Messie, Crucifié et mort, ressuscité, glorifié», le frère Jean PLIYA demande d’éduquer et de former les chrétiens au combat spirituel tandis que le Père Alain DOSSEH recommande d’aider les catéchumènes à étudier la vie des saints dans le but de leur donner des exemples d’endurance et de courage chrétiens. Pour M. FONTON, il faut éviter la répétition dans l’apprentissage.

Trois niveaux d’investigation

Dans l’après-mid
i de ce premier jour, le Père Alain DOSSEH a conduit les débats au nom de la «commission foi et vécu sociétal». Il s’agit surtout ici de repréciser la spécificité de la foi chrétienne. A y voir de près, la foi n’est pas une idée, mais elle a valeur de preuve de celui en qui nous croyons. Elle est surtout un don tout en étant la foi de l’Eglise ; elle est donc une ressource commune. Mais à en croire le Père Marc HOUNON, beaucoup de personnes ne savent pas qu’elles sont dans l’Eglise. Ce que confirme le Père Théophane HOUECHENOU qui fait l’amer constat que certains baptisés sont devenus des nomades paroissiaux. Le Père Edouard ADE, quant à lui, situe la spécificité de la foi chrétienne dans sa dimension surtout trinitaire. Pour le Père Félicien KPOFONDE, l’intérêt de la question se situe dans le fait qu’aujourd’hui, il y a beaucoup d’associations ésotériques, qui attirent les jeunes en quête d’emploi.

Les débats tournent alors autour de trois niveaux d’investigation : l’acte de foi du sujet croyant, son ancrage dans sa communauté et sa foi à l’épreuve de la vie en société. Ici, le Père Hilaire HOUETO a émis l’idée de recenser les groupes de prières qui existent dans le diocèse et de les dynamiser à nouveau. Son confrère Frédéric VIADENOU va plus loin en souhaitant de faire l’apologie de ces groupes en vue d’amener les enfants à les intégrer. En ce qui concerne Mme Agnès Adjaho, elle appelle à passer du « je crois » à « Seigneur, fais que je crois ». Pour témoigner de leur appartenance au Christ, il est alors nécessaire que les chrétiens créent une union sacrée entre eux. Saisissant ce dernier aspect, M. Joseph OGOUCHI se désole de l’absence de cette union parce que selon lui, il n’y a pas une solidarité entre les fidèles du Christ.

Le risque de la politique politicienne

Le lendemain, deux autres commissions sont intervenues. Celle consacrée à la foi et la politique d’une part et celle qui a travaillé sur le thème foi et famille. Les deux ont abordé des sujets d’intérêts majeurs. La première est animée par le Père Julien-Efoe PENOUKOU et M. Robert Antoine DETCHENOU. Tout en saluant le travail de veille et de vigilance permanentes assurées par les évêques en rapport avec ce qui se passe dans la cité, le premier a attiré l’attention sur le risque que la politique devienne politicienne, sinon politicide. Toute chose qui brouille même les relations ou les repères de foi. La politique prend aujourd’hui, à n’en point douter, des connotations qui ne sont pas rassurantes. Elle n’est plus le lieu du service, mais plutôt celui de se servir ou d’asservir. D’après M. DETCHENOU, la politique est spécialement et surtout l’affaire des fidèles laïcs. Pour qu’une idée politique en devienne une, précise M. Victor MONGBO, il urge qu’elle sorte des élites pour entrer dans la masse. Dans ce même ordre d’idée, M. Serge Prince AGBODJAN constate que l’Eglise ne se connecte pas à la réalité de la politique. « Nous ne sommes pas au cœur de ce système politique ». C’est alors à juste titre que le Père François HINNOUGBE déclare que pour faire la politique, il ne faut pas être un gamin, car le chrétien qui fait la politique doit chercher à atteindre la plénitude de la stature du Christ. Abondant dans le même sens, le Père de MEIDEROS poursuit en déclarant que le but de la politique est de préparer le Royaume dans une vision eschatologique. Pour ce faire, la catéchèse doit prendre une dimension pratique, c’est-à-dire la vie dans la cité.

Le rapport entre foi et famille a occupé les membres de la commission qui portent le même nom. Cette dernière est représentée par le Père Philippe KINKPON qui, d’entrée de jeu, a fait remarquer, à juste titre, que l’Eglise de Cotonou régularise plus qu’elle ne célèbre le mariage pour les jeunes couples. C’est dire qu’il y a une désaffection notoire pour le sacrement de mariage. Selon le Père Placide HOUESSINON, la racine de ce mal est à rechercher dans le chômage galopant au sein de la couche juvénile et la peur de ne pas procréer. Le manque du sens de la responsabilité et d’autres raisons culturelles conduisent aussi à cette désaffection du sacrement que Mme ADJAHO recommande de rendre plus attractif aux jeunes en valorisant ce qu’il y a de beau. Par ailleurs, plusieurs solutions ont été proposées pour rétablir l’harmonie du couple mise à l’épreuve par l’influence des belles-familles de même que pour assurer une bonne éducation aux enfants.

Le reste des travaux a suivi son cours normal jusqu’à la messe de clôture qui sera célébrée à la paroisse Saint Michel de Cotonou le samedi 18 avril 2015, 154 ans jour pour jour après l’arrivée des missionnaires SMA.

 

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